Les parents qui arrêtent doivent-ils parler des dangers du tabac à leurs enfants ?

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Quand ai-je fumer ma première cigarette ? Je ne sais pas. Il faudrait que je demande à mon père.

Quand ai-je fumer ma première cigarette ? Je ne sais pas. Il faudrait que je demande à mon père.

Les parents qui arrêtent de fumer ont-ils plus de chances de réussir s’ils parlent des dangers du tabac à leurs enfants ?

Une étude de septembre 2015 a réussi à prouver que leurs chances sont deux fois meilleures…

 


Etudier l’effet d’une socialisation anti-tabac des enfants sur le processus d’arrêt des parents

Pour la première fois, une étude se penche sur les conséquences pour le sevrage des parents dans le cas où ils évoquent avec leurs enfants les dangers du tabac. Publié le 27 septembre 2015, l’étude analyse le processus d’arrêt de 689 parents. Ils ont commencé à fumer quotidiennement à l’âge de 16 ans en moyenne et avaient autour de 37 ans au moment de l’étude.

Parmi ces parents qui arrêtent, un premier groupe a suivi le programme de socialisation anti-tabac. Ils ont donc évoqué les risques liés au tabagisme avec leurs enfants. Un an plus tard, ils avaient deux fois plus de chances de s’abstenir de fumer. Comment l’expliquer ? Le programme permet aux parents d’être plus informés à propos des dangers du tabac, de la dépendance, des symptômes du sevrage et de la rechute. Prendre conscience des difficultés de l’arrêt et devoir les expliquer à ses propres enfants a agi comme un encouragement. Leurs chances de réussir sont meilleures.

Une approche différente : la socialisation anti-tabac n’est pas vue comme un outil pour éviter la rechute 

Cette étude représente une nouvelle approche qui diffère des précédentes parce que du point de vue des participants, la socialisation anti-tabac des enfants est perçue comme un moyen d’éviter aux enfants de fumer, pas un moyen d’éviter leurs rechutes. En effet, toutes les approches traditionnelles cherchent principalement à empêcher celui qui vient d’arrêter de céder à la tentation et de rechuter.

Besoin de recherches plus poussées

Ces premiers résultats sont très encourageants. Malheureusement, la généralisation est limitée car les personnes étudiées étaient majoritairement des femmes, qui ont suivi des études supérieures et les enfants avaient entre 8 et 10 ans. Des recherches plus poussées restent à mener pour confirmer ces résultats sur une population plus diverse et identifier les mécanismes psychologiques en action.

Un tel dispositif anti-rechute pourrait se montrer très utile car il répond à un double objectif : non seulement il aiderait le fumeur en sevrage à rester abstinents tout en diminuant les chances que l’enfant fume une fois adulte.

Sources :

http://ntr.oxfordjournals.org/content/early/2015/09/30/ntr.ntv214
http://www.sciencesetavenir.fr/sante/20151016.OBS7775/vous-voulez-arreter-la-cigarette-parlez-en-a-votre-enfant.html

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