Etude Pilote du Sevrage Tabagique par une E-cigarette

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étude e-cig Smoke WatchersPremière étude pilote du sevrage tabagique par une e-cigarette connectée Smoke Watchers


Contexte

Après des années de tâtonnement, les cigarettes électroniques sont maintenant plus performantes et sûres. En tout état de cause, vapoter est toujours infiniment moins nocif que la poursuite du tabagisme. Près de 500 000 fumeurs auraient déjà quitté le tabagisme par cette voie en France et 21% des français l’on essayé.

La MNH a proposé en septembre 2015 à ses adhérents d’Ile-de-France d’évaluer avec l’aide du Respadd en condition d’utilisation réelle ce nouveau produit, et de contribuer ainsi à faire avancer la connaissance. La MNH pourra ainsi décider en pleine connaissance de sa politique vis-à-vis de la cigarette électronique.

Le dispositif connecté Smoke Watchers, a la quadruple avantage :

  • De se connecter aux smartphones Androïd© ou iPhone® à partir du « 4s » (bientôt Windows Phone).
  • De permettre de suivre sa consommation de façon automatique pour la vape, de façon manuelle pour les cigarettes restantes, de pouvoir se fixer des objectifs et désigner des paires (« Watchers») qui assureront le coaching du vapoteur durant l’arrêt.
  • D’être constitué d’une batterie et d’une électronique compatibles avec les principaux atomiseurs et pouvant utiliser tous les e-liquides du marché.
  • De permettre de constituer une base de données anonymes de Big Data qui augmente les connaissances sur les e-cigarettes et ses usagers.

Deux mois et demi après le lancement de l’étude pilote, les premiers résultats sont analysés.

Recrutement des fumeurs

Le recrutement des fumeurs volontaires a été également très efficace : on estime que 12 à 20% des adhérents de la MNH fumeurs qui ont ouvert le mail se sont très rapidement portés volontaires et que 6 % ont reçu l’e-cigarette, se sont connectés au serveur et ont transmis des données (n=132).

87 des 137 inscrits ayant créés un compte Smoke Watchers sont restés plus d’un mois, ce qui est positif si on se réfère à l’usage des applications mobiles existantes (4/5 jours en moyenne). Le suivi débuté il y a 2 mois pour les premiers équipés a permis de recueillir les données sur plus de 30 000 puffs d’e-cigarettes et 4 000 cigarettes fumées. Si l’on prend en compte tous les paramètres, la base comprend déjà 500 000 données en 2 mois conduisant à travailler sur des Big Data.

Caractéristiques des volontaires

La population de l’étude est constituée de 63% de femmes de 18 à 68 ans : 91% des fumeurs consommaient leur première cigarette dans l’heure du lever, témoignant d’une dépendance tabagique. 60% des fumeurs avaient au moins essayé la cigarette électronique, 5% l’utilisaient tout en fumant (vapo-fumeurs) et 3% ne faisaient que vapoter et voulaient prendre le contrôle de leur consommation.

Les premiers résultats  

=> Durée des bouffées

La durée des bouffées (« puffs » comme disent les habitués) est limitée à 7 secondes par le dispositif utilisé afin de réduire le risque de surchauffe de la résistance et la libération d’acroléine de formaldéhyde ou d’autres substances indésirables du fait d’une surchauffe.

La durée moyenne est de 3,8 secondes. Au cours du traitement la durée moyenne des puffs tend à augmenter avec l’expérience de l’utilisation.

durée moyenne des puffs

=> Vapotage dans la journée et la semaine

Les fumeurs inclus dans l’étude vapotent plus qu’ils ne fument le dimanche. Le samedi, en particulier le samedi soir, ils fument plus qu’ils ne vapotent. Il semble qu’au calme le vapotage, soit plus aisée qu’en ambiance festive pour ces personnels principalement hospitaliers.

journée puff étude e-cig

semaine puff étude e-cig

=> Devenir des premiers utilisateurs ayant répondu en ligne (n=76)

Il est beaucoup trop tôt pour avoir des résultats, une image est donnée par 76 participant équipés de l’e-cigarette et transmettant des données. Cette même enquête donne aussi des informations sur ceux qui ont le dispositif mais ne l’utilisent pas encore : difficulté de mettre en route le dispositif, problèmes techniques, problèmes personnels justifiant de différer l’arrêt, etc…

résultats étude e-cigarette

Globalement, il est rapporté 17% d’arrêt du tabac, 53% de réduction et 37% de non réduction du tabagisme, mais pour certains le recul de moins d’une semaine ne permet pas de tirer des conclusions.

=> Deux exemples de fumeurs débutant l’essai d’arrêt avec e-cigarette

Dans le premier cas ci-dessous, la consommation de tabac s’effondre au cours des jours, alors que la consommation de cigarette électronique monte dans un premier temps pour ultérieurement régresser.

exemple étude e-cig 1

Le deuxième cas ci-dessous illustre la persistance du tabagisme malgré le vapotage : une situation à haut risque de rechute.

exemple étude e-cig 2

Conclusion

La mise en œuvre de la première phase de l’étude en 2 mois et demi (recrutement, première analyse et présentation des premiers résultats) est le témoin d’une exceptionnelle efficacité logistique.

Cette performance s’explique probablement par le caractère innovant de la solution Smoke Watchers et par la confiance des personnels hospitaliers adhérents de la MNH aux actions de la MNH et du Respadd dont la MNH est avec l’APHP membre fondateur.

Ces résultats sont très encourageants et valident la faisabilité de la mise en place d’un projet innovant d’arrêt du tabac sur une population de fumeur non sélectionnée. Ils vont permettre de mieux comprendre l’arrêt et d’améliorer le dispositif et la prise en charge des fumeurs via une e-cigarette connectée. Les pistes d’amélioration concernent aussi bien le plan technique, logistique ou la conception du suivi avec les coaches virtuels et l’aide des pairs (Watchers).

Retrouvez toutes les informations sur cette étude dans le document suivant : EPISTEC – Smoke Watchers.

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